Danseuse française et star du Festival de danse orientale du Caire, fait des envieuses parmi les danseuses russes, japonaises ou américaines venues en Égypte assister à cette manifestation et qui rêvent de suivre ses traces.

Cette jeune femme aux longs cheveux bruns bouclés et aux grands yeux vert-brun, vêtue d’un costume de danse scintillant, a passionné le public lors de la clôture de ce festival d’une semaine, dans le décor luxueux d’un hôtel proche des pyramides. Égyptiens et étrangers se sont laissés hypnotiser par les mouvements souples de cette danseuse, qui accélérait ou ralentissait ses girations au rythme de la musique, animée notamment par les tambours et la flûte orientale. «Ici ils savent ce que tu fais. 

Venir ici est un défi», déclare Ketty, venue à l’assaut de la capitale mondiale de la danse du ventre, après un voyage touristique en Égypte en 1998. «C’est le public qui vous choisit. Vous ne pouvez pas choisir le public», assure Ketty, qui a pratiqué toutes les danses, du modern jazz à la danse de salon, avant de se spécialiser, il y a deux ans, dans le style oriental. «Quand j’ai commencé à danser, j’ai senti quelque chose à l’intérieur de moi-même, je n’ai pas de mots pour décrire ce que j’ai ressenti», ajoute cette danseuse, qui pense posséder un don naturel, puisqu’elle n’avait jamais vu de vidéocassette de la danse orientale avant de se lancer dans sa nouvelle carrière. Pour Ketty, désormais mariée à un Égyptien et établie au Caire, la question n’est pas d’être arabe. «Ce n’est pas dans ton sang. C’est dans ton âme», affirme celle qui avait pour la première fois effectué une danse orientale à la demande d’Arabes dans une boîte de nuit à Lille, dans le nord de la France. 

La jeune femme, originaire d’Armentières, près de Lille, estime faire partie de la «dizaine» de danseuses qui ont réussi au Caire, parmi les quelque 5 000 que compte la capitale égyptienne.
Elle cite parmi ses collègues les plus connues les Égyptiennes Fifi Abdou et Dina, l’Argentine Asmahane et la Russe Nour. Assises à une table devant la piste, deux Japonaises, qui ont suivi, avec 240 autres femmes, des cours de danse orientale avec des danseuses égyptiennes célèbres, ont dit vouloir être à la place de Ketty, au moins pour quelque temps. «Je voudrais être danseuse au Caire et, pourquoi pas, la quatrième épouse d’un Arabe fortuné», ironise Yukiko Inoue, danseuse de samba à Osaka, qui s’est trouvée, pendant la semaine du festival, une nouvelle passion : la danse orientale. Pour Takako Yosikawa, les Japonais apprécient l’exotisme de la danse orientale, comme ils aiment les danses sensuelles de Hawaï ou Tahiti. La danse orientale est l’expression parfaite de la «féminité», affirme Athmar Swallow, danseuse irakienne, qui vit maintenant avec son mari britannique au Cap (Afrique du Sud), où elle enseigne la danse. "C’est instinctivement que chaque femme fait bouger son corps", dit-elle. "Nous connaissons la musique. Chaque rythme a un sens".

Plusieurs danseuses et enseignantes de danse arabes pensent que bien que les Européennes aient une bonne technique, les Arabes comprennent mieux la sensualité du style oriental, comme l’affirme Nawal Ben Abdallah, danseuse née au Maroc et qui enseigne la danse orientale à Paris. Pour elle, les femmes arabes «mettent plus de sentiments» dans leur danse. 

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