Nous
sommes à la veille du 6 février
!!! Je n’ai pas vu passer le
temps. Une année que Sarah est partie
dans un monde meilleur. Ce n’était
pas facile à l’accepter du tout.
Les premiers jours j’avais l’impression
que j’hallucinais, que tout était
juste un mauvais rêve, que j’allais
me réveiller comme si rien n’ était
arrivé. Mais non !!!! Je ne rêvais
pas.
Elle
est partie et en même temps je la sentais
si présente. Elle me parlait :
« Maman,
ne sois pas triste. » « Maman je
ne suis pas loin, je suis juste passée
de l’autre coté. Ce que nous étions
l’une pour l’autre, nous le
sommes pour toujours.»
J’avais
compris que je n’avais pas le droit de me
laisser aller, elle voulait à tout prix
que je reste la maman pleine d’énergie
que j’ai toujours été, que
je garde des pensées positives. Elle me
poussait à être forte pour son petit
frère qui a tant besoin de moi.
J’ai
eu de la chance de rejoindre un
nouveau travail dès le lundi qui a suivi
les cérémonies.
Bien que mon patron m’ait
dit de prendre mon temps, et proposé de
débuter
des que je serais mieux, j’ai
tenu à commencer
au plus vite. C’était
préférable
car les premiers mois je devais
me concentrer à tout
apprendre. Tous les soirs de très
nombreux amis passaient à la
maison. Une fois les derniers partis,
j’ouvrais mon pc
et je répondais à tous
ces nombreux mails ainsi qu’aux
très nombreux
courriers de condoléances
et de soutien. Mes journées
débutaient tôt
le matin, vers 6h30 et je ne trouvais
peu de sommeil tard dans la nuit
qu’une fois épuisée.
J’étais
contente d’avoir tout le temps du
monde autour de moi car à chaque
fois que j’étais
seule, trop d’images resurgissaient,
du passé surtout
celles de ma grossesse. Oh combien j’attendais
cet enfant, mon premier enfant, qui devait
naître
juste avant mes trente ans. Cela faisait
déjà une
dizaine d'années que j’aurais
aimé être
maman mais le destin a voulu que je doive
attendre. Des images si réelles
! Comme un film sur écran
géant ! J’ai revu toute la
période
de la maternité pendant laquelle
j'ai du rester dix jours à cause
de la césarienne,
dix jours à avoir ce petit berceau
transparent à coté de
mon lit, dix jours à la regarder
encore et encore, elle était si
jolie !!! Ce sont pour toutes les mamans
de beaux souvenirs. Bien évidemment,
pour moi également, cependant, les
revoir en sachant que plus jamais je ne
pourrai la regarder,
ni la serrer encore contre moi m’était
insupportable. Je n’étais « forte » qu’en
compagnie des nos amis.
Un
jour des jeunes m’ont demandé,
pourquoi ne pas faire un site pour
Sarah. Je n’étais
pas contre mais je n’y
connaissais rien. J’ai donc
contacté une
société pour avoir
en premier lieu une adresse et
un fournisseur d’accès
ou hébergeur. Et mi-mai
le site est né. On m’a
aidé au début
pour la page d’accueil avec
un menu et le forum. Et de là,
ce fut à moi
de jouer. J’ai trouvé,
Laurent, un jeune web master qui
a bien voulu me donner
quelques leçons privées
pour pouvoir faire les pages moi
même. J’y
tenais !! Nous avons débuté avec
les galeries de photos. Une fois
que je compris comment faire, je
n’ai plus cessé.
J’ai passé des mois à faire évoluer
page après page et les week-ends
bien des nuits blanches. Il est
devenu ma thérapie,
je dirais même mon 3ème
bébé.
J’ai besoin de le chouchouter,
lui donner toute ma tendresse et
tout mon amour. Sarah,
mon Ange me guide dans son évolution
quotidienne et me fais rencontrer
des gens merveilleux.
Ce
site me rend encore plus attentive aux malheurs
dans ce monde. Bien sur j’en étais
consciente avant mais je ne prenais pas autant
de temps à être la pour mon prochain.
Le web donne la possibilité de faire passer
des messages, nous permets de nous unir avec d’autres
gens du monde entier, des gens qui ont un même
souhait : celui; à nous tous, main dans
la main ; non pas de sauver le monde mais peut-être
de le rendre un peu meilleur, comme le dis si bien
mon amie « Mélodie de la mer ».
Sarah aussi a toujours été très
dévouée aux autres et elle me fait
comprendre quel est mon chemin à présent.
Là où est
la haine, je veux mettre l’amour.
Là où est l’offense,
je veux mettre le pardon.
Là où est la discorde, je veux mettre l’union.
Là où est l’erreur, je veux mettre la vérité.
Là où est le doute, je
veux mettre la foi.
Là où est le désespoir, je veux mettre l’espérance.
Là où sont les ténèbres, je veux mettre la
lumière.
Là où est la tristesse, je veux mettre la joie.
Car
c’est en se donnant que l’on reçoit,
c’est en oubliant qu’on se retrouve soi-même,
c’est en pardonnant que l’on
obtient le pardon,
c’est en mourant que l’on ressuscite à la
Vie.
Sarah avait comme priorité la famille. Ce qui ne signifie pas pour
autant qu’elle se concentrait exclusivement sur celle-ci. Plus que
les liens de sang, c'était le sentiment de la continuité avec
le passé qui prenait de l'importance à ses yeux. Etre coupée
de ses racines était une chose douloureuse pour elle. Elle n'analysait
pas ses propres motivations, mais sa sensibilité et sa subtilité lui
conféraient de grandes qualités. Elle aimait les atmosphères,
les climats ou l'on partage l’expérience, le ressenti. Elle
se sentait vivre quand on lui confiait des tâches ou elle pouvait exprimer
sa créativité. Elle avait un grand besoin d'aimer mais surtout
de transmettre son affection et chérir son monde. Très attachée
aux enfants, son attitude n’était jamais trop autoritaire, car
elle recherchait surtout la complicité. Elle avait besoin de temps
pour nourrir ses rêves car son univers intérieur était
très riche et secret. Vulnérable aux opinions des autres, elle
s’entourait de gens qu’elle aimait et qui la réconfortaient.
Cependant, elle avait ses humeurs, surexcitée, maussade ou colérique à certains
moments, tendre, câline ou exaltée à d’autres.
C'est aussi ce qui faisait son charme.
Elle
aurait souhaité visiter le monde et ça
avant d’avoir des enfants. Elle n’a
pas eu le temps….. Aujourd’hui,
grâce au site, c’est
le monde, les pays des cinq continents
qui viennent
lui rendre visite et hommage.

Le
Coeur sans Frontières
Merci à tous
ces pays, merci à vous tous de lui
avoir rendu hommage
Je
crois que le plus dur était d’accepter
le destin. Avais-je une autre alternative ? NON
!! J’ai du apprendre à vivre sans
elle physiquement mais elle est toujours aussi
présente, là juste de l’autre
coté et, pour toujours éternellement
présente dans mon cœur.
Sarah
tu m’as toujours étonnée
depuis toute petite déjà et tout
le long de ta vie. Mais depuis que tu es partie,
c’est inouï, quelle puissance d’amour
et de tendresse tu dégages!
Sarah,
je t’ai aimé, je t’aime, je
t’aimerai
Je suis heureuse, d’avoir été choisie d’être
ta maman

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