Samedi
soir sur Genève, nous
sommes le 31 janvier 2004. Le
centre commercial de Balexert
retrouve un certain calme, normal
le sablier affiche
19h10. Après avoir effectué quelques
achats je m ‘accorde une
courte pause au News bar, juste
le temps de décompresser
avant la soirée des Artistes
! Comme chaque fin de semaine dans
cette période hivernale
je me retrouve dans le rôle
d’assistant, de chauffeur
et petit porteur au service de
Sarah.
Période
très chargée en spectacles
et prestations de toutes sortes.
Cependant Sarah fait face à ses
multiples engagements avec un professionnalisme étonnant,
certes avec parfois de petits caprices
d’Artiste, mais beaucoup
de cœur à l’ouvrage.
Alors c’est très volontiers
et avec un certain sérieux
qui l’a fait bien rire parfois
que j’assume ce rôle, évidemment
j’en suis fou de joie mais
pour la bonne marche des opérations
je m’efforce de ne pas trop
l’extérioriser… ce
qui n’est pas toujours évident.
Tout
en sirotant mon jus de fruit,
je me surprends à regarder
quelques jeunes qui par petits groupes se dirigent vers l’esplanade
des cinémas. Les filles d’un coté, les garçons
de l’autre, non sans toutefois au passage se toiser du regard
! La discrétion de ce petit coup d’œil est évidente
venant des filles, alors que chez les garçons c’est
un vrai champ de foire. Le vocabulaire à lui seul pourtant bien chargé,
ne suffit pour commenter les divers aspects de l’anatomie de
ses filles très mignonnes du reste, voilà que la gestuelle
apporte une dimension nouvelle à leurs appréciations…, à les
entendre même un dur d’oreille
ou un non voyant profiterait du
spectacle !
Cela
me fait sourire et j’ose me dire en voyant cette jeunesse exubérante,
que la vie est belle malgré tout…
Après avoir échangé quelques
bribes avec mon voisin au coin
du bar je m’aperçois
que l’heure tourne
et qu’il me faut au plus vite rentrer à la maison. Ne
serais-ce que pour m’assurer du bon déroulement des préparatifs
de Sarah pour ses spectacles de ce soir.
Habitant à proximité du
centre commercial quelques minutes me suffisent pour rejoindre l’appartement.
Un modeste 5 pièces, mais après divers travaux est
devenu un petit nid chaleureux pour nos deux oisillons, car Sarah à un
jeune frère qu’elle adore, Yannick. Ce qui n’empêche
pas des prises de têtes entre
les deux et parfois de petites
guerres qui fort heureusement ont
toujours une fin heureuse.
Je
pousse la porte avec énergie, Yvette la maman fidèle à ses
habitudes, se trouve aux commandes de son ordinateur. Après avoir esquissé un
bref
-
Salut, est ce que Sarah est
là ?
- Oui, elle est dans sa chambre avec des copains..
- Quoi, à cette heure là y a encore du monde dans sa
chambre ?
Il
faut dire que comme convenu à partir de 19heures 30, Sarah est censée
se consacrer entièrement à sa préparation en vue des spectacles.
Ce qui signifie, maquillage et divers soins de beauté,
choix des costumes ainsi que de
la partie musicale.
La moutarde me monte au nez, pour
ceux qui connaissent cette expression,
c’est mauvais signe. D’un pas militaire et décidé je
me dirige vers sa chambre. Avant de frapper à sa porte étant
fermée, une ambiance digne des plus belles fêtes foraines
parvient à mes oreilles… Je fulmine et sans attendre d’en être
invité j’ouvre la porte tel un ouragan.
-
Sarahhhhh !! C’est quoi ce binzzzzzzz ? T’as
vu l’heure, et t’as même pas commencé tes
préparatifs…
- Salut papa, cool, du calme,
je serais à l’heure comme d’hab!
- Heu…bon les gars, je crois que les présentations sont
faites. C’est mon père !
- Tu vois Sarah, quand je te disais tout à l’heure qu’il
serait mieux qu’on se tire avant que ton père ne rentre! Dit
celui qui se trouvait près de la fenêtre.
- Ca va, y a pas le feu et je serais à l’heure !
- Bon les gars, bonsoir à tous mais il va falloir quitter les
lieux, d’ac ?
Il
m’a semblé avoir entendu un modeste oui monsieur
et tous ces jeunes s’en allèrent
dans un silence des plus respectueux.
Ayant
soudainement réalisé que mon introduction
ne fût pas forcément des plus clémente, je me
permets sur le pas de porte un petit échange verbal un
tantinet plus convivial. Leur disant que vu le planning de Sarah, il
est grand temps qu’elle pense à ses préparatifs. Ils ont à grande
vitesse partagé mon point de vue et se sont excusés
pour ce désagrément. De braves gars que j’eu l’occasion
de revoir dans une disco quelques semaines plus tard et qui avec un certain humour m’ont fait
part de notre première rencontre
dans la chambre de Sarah.
Une
fois la porte fermée me voilà de retour auprès de Sarah et
constate qu’elle est bien dans sa phase préparatrice avec une grande concentration.
Ce qui ne l’a pas empêché au passage de me faire une remarque
concernant mon attitude vis à vis
de ses copains du genre :
- Dis papa, tu trouves pas
que t’as
eu la main lourde dans ton entrée de cirque de tout à l’heure
?
- Ecoute Sarah, t’as vu l’heure ? Tu sais que je veux que
tu prennes tes responsabilités pour ce qui est de tes engagements.
Et ceci d’autant plus que tes prestations te sont payées.
Alors ce n’est pas le moment des polémiques et stp, soit à l’heure.
Merci.
- Je serais à l’heure, qu’est ce que t’as à t’exciter
de la sorte, cool, zen ! Et puis on faisait rien de mal, on chantait,
n’empêche qu’on c’est bien marré.
Le
visage rayonnant de Sarah en
disait plus long que tout
un chapitre d’explications.
Il était évident que je ne faisait pas le poids devant cette détermination
et force de caractère. Alors sous le prétexte de la soif je quittai sa chambre, non sans
un sourire au lèvres en me disant, elle me plaît cette petite !! Quelle tronche,
quelle personnalité !! Mais d’ou
elle vient cette gosse ?
En
arrivant à la cuisine je m’aperçoit
qu’Yvette est toujours devant son sacro saint ordinateur. Devant ma petite mine et n’ayant
manqué pour rien au monde
notre conversation, elle me glissa
au passage :
- les chiens ne font pas des chats ! Toi et ta fille vous
vous ressemblez comme deux gouttes d’eau, alors ne soit pas surpris
qu’elle te tienne tête. De toute façon, elle fait
ce qu’elle veut avec toi ! Un sourire, un battement de paupières
et déjà t’es à ses genoux !
Voilà le
genre de discussion qui ne me convient pas du tout dans ces moments là.
En plus elle à raison. Alors
machinalement je lui balance :
- Mais qu’est ce que tu va chercher là ! Pas du tout, je suis ferme quand cela est
nécessaire et cool dans d’autres circonstances..
Pour
toute réponse un sourire
très explicatif
lui fit trois fois le tour du visage.
Décidément, je
n’avais
plus rien à ajouter excepté que
j’avais soif ! C’est
ainsi que je me retrouvai seul à la
cuisine en me remettant de ces émotions.
Même Magnum notre chat, un
sacré de Birmanie, me fit
comprendre à sa façon
que ce soir là face aux
filles, je ne faisais tout simplement
pas le poids ! Raison de plus pour
me dire que j’aurais mieux
fait de me taire et garder mon
souffle pour assurer les déplacements
de Sarah dans la soirée.
Afin de me changer les idées
j’allume machinalement la
TV, c’est l’heure du
télé journal. Vu
son contenu, c’est à dire
que des emmerdements tout azimut,
je peste une seconde et fini par
me brancher sur MTV, non sans regarder
d’un œil le cadran de
l’horloge de la cuisine qui
indique 20 heures 10. Le départ
de la maison est fixé normalement à 20h30.
Il faut savoir qu’un samedi
comme celui là, plusieurs
spectacles sont prévus et
pas forcément dans la même
ville, ce qui nécessite
une certaine organisation. Sur
un clip d’une blonde américaine
je me laisse glisser entre la musique
et les images, elle n’est
pas très habillée
cette chanteuse, mais à cet
instant cela me ventile un peu
l’esprit et je ne cherche
même pas à savoir
si son talent passe à travers
son corsage ou dans la qualité de
sa voix. Y a pas à dire
la vie à de bons côtés.
-
Papa t’es prêt
on y va !
- Hein, quoi ?
- T’as vu quelle heure c’est ? T’es en plein délire
ou quoi ?
Sarah
s’avance dans le salon
et me dit :
- Ha, je comprend c’est ta copine
qui chante ! T’en peux plus, mais vas y dépêche
je ne veux pas être en retard !
Je
regarde ma montre et constate
qu’il est 20 heures 29. Bon sang, elle est à l’heure.
Elle a tenu parole!
- Ok, j’arrive
on se calme.
Le temps d’une petite toilette et c’est parti. En ouvrant
la porte de l’appartement Sarah me glisse dans le creux de l’oreille
:
-
Papa, est ce que tu peux prendre ma petite valise ?
Je
m’exécute sans crier gare. En me retournant je constate un sourire sur le visage
d’Yvette. Cela correspond à outrance à ses remarques de toute à l’heure.
No comment !
-
Ciao à plus tard.
Tout
en prenant l’ascenseur, cela nous arrive de croiser des enfants. Quant ils aperçoivent Sarah, ils ont
les yeux qui s’illuminent de joie et d’émerveillement. C’est tout un spectacle déjà dans
l’ascenseur. Sarah leur fait un sourire irrésistible et les voilà aux
anges ses petits.
Une
fois installés dans la voiture, c’est les questions d’usage
:
- Bon, on commence par quoi ?
- Et ben, comme d'hab.
- Ok, ça roule.
Il
est vrai que dans la conduite
pendant ces déplacements
j’affiche un certain
sérieux.
Cela déplait à Sarah
qui, pour me détendre me
balance des Pikatchoux à tort
et à travers. L’atmosphère
se détend mais j'ose lui
rappeler qu’il me faut une
bonne concentration pour l’amener à bon
port et cela dans les délais
les plus courts. Elle n’est
guère convaincue par mes
propos mais n’insiste pas
d’avantage.
-
Papa, mets nous un peu de « miouze »..
- Voilà, ça vient… pas
trop fort car il faut que je
me concentre.
- Mais non, pas cette vieillerie,
mais nous ONE FM..stp, merci.
Hoooo, plus fort, plus fort
j’adore cette chanson
!
Pour
la conduite dans le calme c’est
râpé ! Sarah quant à elle
est déjà sur
un petit nuage et me fait une petite
démonstration sur la mélodie
de la chanson. On se croirait
dans une disco ! Et en plus avec
peine je cherche la bonne direction
car le temps presse.
-
Papa, t’assures comme d’hab
ok ! Tu nous fais une conduite
style, dont tu as le secret
!
- Il n’en est pas question. On va y aller normalement avec les
règles d’usage. Du reste nous y voilà. Fini la
récréation.
Je
me sens toujours la nécessité des dernières recommandations, même si cela ressemble à du
réchauffé.
- Alors comme d’hab Sarah ! Tes petits
bobos personnels de l’existence, tout ça
tu me mets dans une valise que tu déposeras à l’entrée
de l’établissement car la clientèle
y vient pour s’éclater et oublier l’espace
d’un instant certains inconvénients de
leur quotidien. Ils ne viennent en aucun cas pour tes états
d’âme, mais bien pour y trouver un divertissement
et une éventuelle part de rêve, d’ac
?
- Papa, tu sais très bien que j’ai toujours dansé de
cette façon !
- Oui, c’est vrai Sarah et je t’en félicite ! C’était
juste un petit rappel de ma part. C’est le boulot du coach, pas
vrai ?
- Oui papa.
Dans
mes prestations à son service je me suis fixé une conduite et je l’accompagne
jusqu’à la porte d’entrée. Après c’est à elle
d’assumer.
-
Vas y Sarah, à toi d’assurer et bon travail. Je t’attends
au petit bar du coin.
- Papa, tiens prends mon portable
et ne raconte pas trop de conneries
si on m’appelle !
- Promis.
Il
m’est arrivé de répondre en disant que vu son absence pour
des raisons professionnelles, le secrétariat se ferait un plaisir de prendre les messages.
Cela à bien amusé certaines personnes et refroidi d’autres
au son de ma voix !
Bien que le patron du petit bar,
où j’ai pris mes habitudes
soit sympa, je ne peux m’empêcher de l’extérieur
de jeter un petit coup d’œil sur la bonne marche du spectacle
! Même qu’à plusieurs reprises des passants se plaisaient à regarder
l’évolution de Sarah à travers les vitres de l’établissement.
La
voiture toujours garée à proximité prête à poursuivre
la course effrénée de ces soirées de folie. A son retour rien qu’à voire
son sourire, j’étais en quelque sorte moi aussi un peu dans la fête.
-
Allez papa, on y va ne traîne pas car on a juste le temps
d’arriver à l’heure
pour le prochain.
Tel un garde du corps au service
de « Madame », avec le
sérieux que cela comporte, je me dirige vers la prochaine destination.
- Tiens papa, mets moi ça de côté.
- C’est quoi ?
- Mais conduis maintenant tu regarderas après,c’est un
joli dessin qu’une petite fille à fait de moi quand je
dansais.
Que
ce soit aussi fait par des petits
garçons, elle a toujours eu un grand plaisir à les
exposer dans sa chambre.
L’ambiance
dans la voiture sous le couvert de la musique entre deux destinations nous permettait quelques délires
forts plaisants.
- Tu sais papa, vers l’age de 25 ans j’ai envie d’avoir
des enfants, plusieurs même !
- Sarah, le jour où tu seras maman je me ferai un plaisir de
te faire une liste de courses à l’infini. Comme ça
je pourrai faire sauter tes petits sur mes genoux.
- Tu me connais papa, tu ne seras pas obligé de forcer beaucoup
sur la liste des courses. Le chariot y sera plein à craquer
de toute façon !
On
en riait aux larmes et du coup
je perdais la bonne direction
de nôtre prochaine
destination.
- Papa, qu’est ce que tu nous fais là ? T’as pris une fausse route, je vais être
en retard.
- Non Sarah, tu sais bien que j’assure. Voilà c’est
corrigé et dans moins de 5 minutes t’es sur place.
De
fil en aiguilles, nous arrivons à la dernière destination de la soirée.
Un établissement de classe avec une clientèle haut de gamme. Comme à l’accoutumer
je lui glisse dans le creux de l’oreille une petite recommandation
et des encouragements. D’un signe de tête elle me faisait comprendre, message reçu.
En réalité, son cœur était déjà dans la salle. Si le temps le lui permettais elle
avait plaisir à faire un petit coucou à travers la fenêtre au DJ de l’établissement
d’à côté, appartenant du reste au même patron. Quelle énergie,
quelle passion et quel désir
de communiquer cet Amour pour la
vie !
Ce
soir là il me fut difficile de trouver une place pour garer, l’établissement
est plein à craquer. Pas grave, c’est en deuxième file que je m’installe et
pour les éventuels besoins de Sarah je reste à proximité du véhicule. Malgré la
basse température je m’octroie
une petite escapade hors de la
voiture et en profite pour me fumer
une clope.
Après une
semaine de travail bien chargée je me sens un peu naze et attend avec une certaine impatience de
reprendre le chemin du retour. Loin de me douter que le programme n’était pas tout à fait
terminé en ce qui me concerne. Ha, les Artistes sont imprévisibles et pleins de surprises. Je me plaisais
de m’imaginer bien au chaud, à l’horizontale quand soudain j’entends des
clameurs, venant de l’établissement ou Sarah se produit. Des cris,
des sifflements, le rythme d’instruments à percussion et des applaudissements à n’en
plus finir. Décidément me dis-je, ce soir ils ont un sens de la fête
bien communicatif. Quel plaisir
de ressentir cette vibration faite
de joie et de bonne humeur.
Cela
me change un peu des éternels emmerdements qu’ils nous balancent à chaque
TJ. A les entendre, l’humain ne serait plus capable d’un seul acte d’Amour envers
son prochain sans au paravent lui faire la peau et les poches. Je suis persuadé du contraire
et en ai la certitude, que l’homme à sa naissance est foncièrement bon et aspire à vivre
en paix avec ses semblables.
D’un pas
léger et détendu je m’avance vers la voiture car Sarah ne devrait pas tarder,
la fin de son spectacle approche. Bingo, à peine installé la voilà qui se dirige dans
ma direction. Tout en la buvant du regard, je constate que c’est avec une frimousse joyeuse et à la
fois un peu nostalgique qu’elle prend place dans l’habitacle. D’une voix étrange
et très douce à la fois (aujourd’hui avec du recul je peux mieux interpréter
certaines vibrations) elle me fait
:
-
Papa, j’ai assuré.
- Super ma puce, bravo. Je
suis très heureux pour
toi !
Tout
en prenant la direction de la
maison, il suivit un certain
calme ou devrais-je dire
plutôt un silence. Quelques semaines plus tard ayant rencontré le
patron de cet établissement, une personnalité que j’aime beaucoup, voici ce qu’il
me raconta à propos de cette soirée mémorable
:
- Sarah, qu’est ce qui t’arrive
ce soir ?
- Ha, rien.
- Mais je ne t’ai jamais vu danser de cette façon !
- Ho rien de particulier, je voulais juste assurer !
Il
faut savoir que ce fût sa dernière représentation. Comme une révérence, un bouquet
final, de son passage parmi nous, un « Adieu ».
En effet, Sarah nous quittait cinq
jours plus tard.
Afin de couper court à ce silence dans la voiture et retrouver
une certaine ambiance, il me fallait trouver une petite ouverture sympathique.
Une idée me traversa l’esprit qu’aussitôt
je mis en pratique.
-
Alors Sarah, après ce
laborieux planning. Dodo ?
- Quoi ? J’espère que tu plaisantes papa ! Après
avoir dansé pour les autres, j’aimerais m’éclater
un peu avec mes amis. Au fait, je voulais te demander une petite faveur.
Pourrais- tu me déposer à l’INSO ?
- Maintenant ? Après une journée aussi chargée
? C’est un gros dodo dont tu aurais besoin !
- T’es pas sérieux dans tes propos j’espère
? Promis, d’abord nous rentrons. Les costumes seront sur le balcon
et ma chambre toute rangée comme tu aimes. D’ac ? Après
tu me pousses un petit bout mon « papoone » chéri
!
Que pouvais-je bien répondre d’autre que :
- oui, Buseli !
(se prononce Bouseli, petit surnom (alémanique) que Sarah reçu
par sa grand-maman depuis sa tendre enfance. Veut dire petit chat.)
-
Mais je le fais vraiment à titre exceptionnel vu la qualité de
ton spectacle de ce soir !
- Ho merci, mon petit « papoone » chéri
!
Quant à moi,
je voyais déjà le sourire d’Yvette. Sourire qui voulait dire tout simplement,
tu t’es fait avoir comme d’habitude ! Hé hé.
Cette fois par contre, que je me
disais dans ma tête cela se
passera différemment. Avant de sortir, ce sera un contrôle
général dans la chambre ! Ceux ou celles qui ont fait
un peu d’armée comprennent. Quelques instants plus tard,
la voilà qui se pointe au salon dans une tenue dont elle avait
le secret.
-
Alors papa, comment tu me trouves
? Ca te plaît ?
- Parce que tu penses sortir
de la sorte ? En boîte
et dans la nuit en plus ?
- Mais c’est « style » papa. Ho lala, tu me connais.
J’aime bien parfois m’autoriser un petit délire
!
- Soit, mais personne ne bouge avant le coup d’œil dans
ta chambre !
- Pas de problème, viens regarder !
A
ma grande surprise, la chambre était dans un rangement digne des appartements
témoins ! Même en cherchant bien, ben oui un coup fourré peut être.
Que dal, un travail de pro et le sourire malicieux de Sarah sur le moment a complètement échappé à mon
scanner.
-
Bon, ok Sarah, on y va c’est mérité amplement.
Bravo !
Elle était
si heureuse d’avoir réussi ce rangement pourtant, qui d’habitude
ressemble davantage à une corvée, que je l’aurais conduite même jusqu’à Paris
! Une énergie, un peps,
et une joie immense de retrouver
ses amis, quel spectacle de la
voir ainsi !
-
Nous y voilà Sarah, passe une bonne soirée.
A plus tard..
- Dis papa, tu viens boire
un verre avec moi ? Cela te
feras du bien. Je trouve que
ces jours t’as pas trop
la mine du vainqueur !
- Je te remercie Sarah, mais
je suis un peu cassé.
Je pense rentrer, mais toi
amuses toi !
- Quand même, tu pourrais être fier que je te propose de
venir avec moi. D’autant plus que mes copains t’aiment
bien et t’as toujours des trucs à leur dire. C’est
cool ! Bon d’accord, t’as plus 18 ans, mais t’as
encore de la « gueule » et puis faut pas rêver, je
vais peut être pas te le proposer à vie !
- Merci Buseli, t’es super chou ! Ce sera pour une autre fois.
(Hélas,
il n y aura plus de prochaine fois mais à ce moment là je ne pouvais pas le savoir). Une
petite précision concernant le super rangement de sa chambre m’attendait plus tard à la
maison. Ce fût Yvette, bien sûr qui en a eut le privilège
!
- Alors, une fois de plus tu
t’es fait avoir !
- Qu’est ce que tu vas chercher là comme
connerie ? lui dis-je..
- Bien, vas dans sa chambre et
ouvre l’armoire !
C’est une armoire à cinq portes, imaginez l’espace
et ma surprise une fois ouverte. Tout a dégringolé à mes
pieds. Je n’ai pu me retenir de rire aux éclats.
Tout
en la regardant rejoindre l’INSO par le couloir de l’immeuble j’avais
l’impression de devoir lui
donner une petite recommandation.
Mais quoi au juste ?
-
Sarahhhhh..
Elle se retourna
brusquement et me fit.
- Oui papa, avant de monter
dans une voiture je dois bien
m’assurer que
le conducteur n’est pas bourré et si nécessaire, je peux toujours t’appeler à la
maison pour que tu viennes me chercher ! Ciao, bonne nuit « papoone ».
Je
restai béat au guidon de ma voiture car c’est exactement ce que je devais lui
dire ! Qu’est ce que je l’aime cette gosse, mon Dieu combien je l’aime
!
Ne
m’a t’elle pas dit 2 ans en arrière avec cœur
et grand courage ceci :
-
Papa, faut que je te cause.
- Ha oui ? Vas y je t’écoute.
- Non, pas comme ça tu dois t’asseoir.
- Bon, voilà. Tu sais que je ne suis pas trop portée
sur les études ?
- Oui, je le remarque au fil des jours qui passent !
- Bien, tu es d’accord que j’ai vraiment essayé de
m’y faire. Ce ne fût pas un essai de deux semaines mais
de quelques années. Pour faire plaisir à mes parents
et renter dans le système de notre société.
- Oui, mais Sarah à trois mois des examens, fait un effort et
va me chercher ce papier !
- Papa, je veux arrêter les études !
- Sarah, est ce bien raisonnable ? Il reste si peu de temps pour conclure
et ce papier, c’est peut être une sécurité !
- Papa, il est hors de question que je pose mes fesses une seconde
de plus sur les bancs d’école !
- Ha oui ? Et que veux-tu faire ?
- Je veux faire ce que j’ai dans mes tripes !
- Et qu’est ce que t’as dans tes tripes ?
- Tu le sais très bien. Le domaine Artistique !
Bien
sûr que je le savais, mais il me fallait l’entendre dire de sa bouche
et venant du plus profond d’elle même. Comme une sorte de certitude ou de confirmation. A
ce moment, j’observai un court silence de réflexion. Ce qui donna à penser à Sarah
que j’étais peut être déçu de son choix. Bien au contraire! J’en étais
fier et rempli de joie. Cependant je choisis de ne pas être trop démonstratif tout en
pensant de quelle façon j’allais pouvoir l’aider
dans Son choix.
-
Je sais papa, tu es déçu ! Tu attendais de moi que je devienne médecin. Et
bien Non ! Je ne serai qu’une
simple Artiste !
-Soit Sarah, je suis d’accord et approuve ton choix. Promis, je t’aiderai de mon mieux. Va maintenant, prend en main ta destinée
et ne perd pas de temps !
- MERCI papa.
Puis elle m’a embrassé non sans avoir sur son visage un
rayonnement d’une force ! Et quel sourire ! Son sourire à la
vie tout simplement. Je pense avoir été à ce moment,
le plus heureux des papas du monde.
J’avais
tout le temps de rentrer à la maison, rien ne pressait. Alors tout en quittant l’artère
principale je me suis mis à penser des choses….
La
Vie, la mort. Le sens de notre
existence, nos objectifs.
Qui suis-je ? L’Amour
dans la vie au quotidien qu’elle place lui donne t’on ? Ou quelle importance ? Sommes nous
réellement à l’écoute de nos enfants ? Leur donnons-nous
tout l’amour dont ils ont besoin ? Faisons-nous vraiment tout notre possible pour les soutenir
dans l’épanouissement qui est le leur? Et non pas, ce qui correspond à nos propres
ambitions, ayant éventuellement un goût d’inachevé?
Ou parce que dans une famille telle, il est d’usage d’entretenir une certaine image de marque axée
plus sur le paraître que sur l'être? Alors forcément il faudra que ces enfants, de toute évidence
passent par l’Université ! Alors que d’autres enfants à défaut
de moyens, ne recevront point d’éducation
et pire encore, pas de quoi manger à leur
faim !
Tout
ceci n’est pas nouveau me diriez-vous, cela existe depuis la nuit des temps.
Il est grand temps que cela change. Il est temps d’apporter un espoir de changement à tous
ceux qui croient en l’homme ! La vie serait-elle faite que de profits financiers ? L’argent
peut tuer l’amour !
Non, sûrement pas. La vie est aussi faite d’Amour, de Pardon,
de Paix, d’Harmonie et de Partage.
La
Terre entière est lasse de promesses jamais tenues, de paroles académiques qui
pour la plupart du commun des mortels ne veulent strictement rien dire de concret. Parfois, le peuple à l’impression
que les « Grands » de ce monde se parlent entre eux ! Alors, que pendant les campagnes
présidentielles les petites gens sont sollicitées
de toute part. Dans quel but ?
Tout
simplement pour se faire élire. Le Président d’un pays ne se doit-il pas se rappeler qu’il
est le 1er serviteur de son peuple bien aimé? Serte, un noble serviteur de part la nature de
sa tâche et de ses responsabilités. Cela tous le pensent du moins à leur
début de présidence,
mais que font-ils en cours de route,
ou de mandat pour les pointilleux
?
C’est une
question que se posent des millions de citoyens. Car une fois en place et après avoir réuni
quelques copains de la fac, afin de se constituer une protection et un certain contrôle au
sein même du gouvernement, il semblerait d’après le résultat qu’ils
en oublient quelque peu les objectifs et aussi les intérêts du peuple. Cela doit changer. La
structure politique en elle même est bonne et une société à plusieurs
millions d’AMES en a besoin pour sa survie et son épanouissement.
Ce sont à nos dirigeants de modifier les données et de revoir dans sa globalité le
concept. Comment est-il possible d’expliquer qu’une poignée d’hommes tienne
en main quelques milliards de personnes si, ce n’est par la Peur, des tonnes de restrictions et d’inégalités
! D’où une corruption galopante à tous les échelons.
Le mensonge est de loin l’ingrédient qui nous est le plus servi au quotidien ! La clarté effraie la plus
part des hommes politiques. Pourquoi ? Encore heureux que tout ne transpire pas dans les médias et que
bien des situations malhonnêtes sont étouffées.
Autre
exemple ? Comment se fait-il,
que notre société ne puisse vendre un produit quelconque sans
devoir y coller à proximité une paire de fesses ou une paire de seins ? Alors que dans la même
société tout un groupe d’un gouvernement est monopolisé afin de statuer, si oui ou non, une
jeune fille à droit au port du voile pendant ses cours d’école
!
La
Terre, doit développer un « Amour-Respect », un « Amour-Adaptabilité »,
en fait un « Amour-Fusion » des différences. C’est la voie et la destinée auxquelles elle ne peut échapper.
(1)
L’Eveil
de l’Esprit signifie l’insoumission à tous les plans d’organisation égotiques
et, par conséquent, à tous les types de Gouvernements qui prétendent penser à votre
place, politiquement, économiquement
ou religieusement. (2)
Je
rêve d’une Palestine
libre, respectueuse et respectée.
Je rêve
qu’en
Israël l’on puisse
vivre en toute insouciance et
liberté d'expression sans
la nécessité d’un
mur de sécurité,
en paix et en harmonie avec ses
proches voisins.
Vivre un total et libre échange
politico-économique
et socio-culturel. Cela est tout
simplement possible à travers
un Amour sincère fait de
Pardon, de Respect et le désir
de reconstruire Ensemble.
Que
l’on se souvienne qu’un
tiers du budget militaire mondial,
donnerait la possibilité de
manger à ceux et celles
qui ont pour préoccupation
1ère de leur journée;
quoi manger et quand ? De même,
que nous avons les ressources nécessaires
afin que tous les enfants du monde
reçoivent soins et formation
scolaire. La réalité est
hélas toute autre. Mais
que font nos Gouvernements ?
Il
est bon de se rappeler que les
humains - hommes et femmes
- doivent s’efforcer
de vivre ensemble en pratiquant la tolérance, la patience et l’altruisme.
(3)
L’amour est la clé de
notre existence
Il
est un fait évident que le départ de Sarah a grandement contribué à cette
prise de conscience et de réflexion sur notre existence et le sens que nous pourrions lui donner.
Ayons la force et le courage tout simplement d’oser et d’aimer.
Nous venons en ce monde pour permettre à notre esprit d’évoluer.
L’épreuve est éducatrice, la souffrance nous instruit. Nous
devrions pardonner à ceux qui nous ont offensés et nous devrions chercher à obtenir
le pardon de ceux que nous avons, nous-mêmes, offensés.
Il faudrait toujours nous rappeler que le moyen le plus efficace pour cohabiter ensemble avec nos différences,
c’est de faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils
nous fassent à nous-mêmes.
A
travers Sarah et la nature de
vos messages qui sont magnifiques,
fait d’un
langage que seul le cœur peut
en saisir toutes les nuances et
la sincérité profonde,
je puise force et courage ce qui
me permet d’oser espérer
un monde meilleur sur la plus belle
planète de notre galaxie,
« La Terre ». De tout cœur
je vous en remercie.
Je
m’en voudrais de terminer ces quelques lignes sans avoir au préalable
remercié et félicité Yvette la maman, pour son magnifique travail
de créativité et d’avoir donné naissance à ce
site. Que la paix et l’harmonie
habitent son coeur tout au long
de son chemin.
Courage
Yannick et que Dieu te donne
une source d’Amour
de la Vie !
Merci Sarah pour ta présence
et ton inspiration.