Dans ton cœur où le deuil a posé son bagage
De souffrance et de peine en ballot noir indu,
Je voudrais que le flot de mon soleil s’engage
Pour en chasser la pluie au zèle vil, têtu.

Dans l’urne du chagrin, de toute ma rudesse
Avec le bel envol de mon affection,
Je voudrais tant flétrir les fleurs de ta tristesse
Pour y placer des lys de consolation.

Dans le jardin des jours de morne solitude
Où, l’âme en bandoulière, on se souvient de tout,
Je voudrais d’un parfum, t’offrant la quiétude,
Pouvoir te détourner de ton malheur, surtout…

Entends-tu les accords s’élevant de mes harpes ?
Montant mélodieux avec tout mon émoi
Pour te border le cœur d’arcs-en-ciel en écharpes
Et murmurer céans «Tu n’es plus seule en toi ! »

Johanne Hauber-Bieth